13/11/2007

LE MYTHE DE LA SIRENE

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Monstres de la mer, créatures hybride mi-femme, mi-oiseau (tradition antique) ou à queue de poisson (tradition médiévale), la sirène est maléfique, son chant envoûte et fait périr celui qui l’écoute... Elles séduisaient les navigateurs par la beauté de leur visage et par la mélodie de leurs chants, puis les entraînaient dans la mer pour s'en repaître. Ulysse dut se faire attacher au mât de son navire pour ne pas céder à la séduction de leur appel. Elles étaient aussi malfaisantes et redoutables que les Harpies et les Érinnyes.

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On en a fait l'image des dangers de la navigation maritime ; puis l'image même de la mort. Cependant, de génies pervers et de divinités infernales, elles se sont transformées en divinités de l'au-delà, qui charmaient par l'harmonie de leur musique les Bienheureux parvenus aux Iles Fortunées.

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Au cours de l’Antiquité, leur caractère démoniaque et sanguinaire s’est peu à peu estompé : Cicéron affirma même que « ce n’est ni la douceur de leur voix, ni leur chant qui retenaient les navigateurs, mais l’assurance qu’elles savaient beaucoup »

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Les sirènes, appelées également « mères de la mer » ou « femmes marines », ont parfois été assimilées à des Néréides, êtres féminins ou nymphes, vivant dans les mers, ou à des Océani­des, nymphes de la mer qui étaient les filles d'Okéanos (Océan) et de Téthys. Il existait même des sirènes hommes.   Mermaids

Parallèlement au mythe de la sirène s'est développé celui de l'homme de la mer, parfois homme-poisson, rencontré par divers voyageurs. Cette créature est issue du fils de Poséidon, Triton, divinité de la mer à figure humaine et à queue de poisson. Ce dieu s'étant multiplié, les tritons formaient le cortège de Poséidon. De nombreux récits mêlent sirènes, Néréides, Océanides ou tritons.

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Dès le haut Moyen âge, la sirène généralement à queue de poisson a pris l’apparence d’une jolie jeune femme qui ne charme plus seulement par son chant mais également par son corps aux formes voluptueuses.

Mais, dans l'imagination traditionnelle, ce qui a prévalu des sirènes c'est le symbolisme de la séduction mortelle.   bow_10

Si l'on compare la vie à un voyage, les sirènes figurent les embûches, nées des désirs et des passions. Comme elles sortent des éléments indéterminés de l'air (oiseaux) ou de la mer (poissons), on en a fait des créations de l'inconscient, des rêves fasci­nants et terrifiants, en quoi se dessinent les pulsions obscures et primitives de l’homme.

Elles symbolisent l’autodestruction du désir, auquel une imagination pervertie ne présente qu’un rêve insensé, au lieu d’un objet réel et d’une action réalisable.

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22:55 Écrit par hermione1061 dans Contes et légendes | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : contes, legendes |  Facebook |

Commentaires

Unpoint intéressant serait de connaître l'étymologie de l'expression anglaise de ''mami wata'' qu'on traduit habituellement par '' mère des eaux'' et ''déesse de la mer'', mais pourquoi ce composé venant de l'anglais?

Écrit par : Laurent TCHANG | 17/12/2012

Je pense que ce personnage mythique porte une dénomination d'origine anglaise du fait que, à leur arrivée en Afrique occidentale, c'est dans la région du Calabar que les premiers Anglais ont débarqué. Les soutanes bénites ont dû déployer leur zèle pour interroger les habitants sur leurs croyances religieuses, ce qui a conduit ces habitants à leur parler de leurs folklore, et notamment des esprits sacrés qui évoluent dans les parages aqueux dont la région calabari abonde. Les habitants ont dû fabriquer le composé mami watal à l'aide de'anglais très approximatif qu'ils possédaient pour essayer de désigner la déesse Ogbuide du lac Oguta, au pays igbo. (Voir l'excellent compte-rendu de Françoise Ugochukwu sur l'ouvrage traitant de ce sujet.) Quant au composé pidgin english des deux mots ''mère'' d'un côté et de ''eaux''de l'autre, il dit bien ce qu'il veut dire.

Écrit par : Laurent TCHANG | 08/01/2013

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